En bref : le X-S10 et le X-E4 utilisent tous deux une batterie au format NP-W126S ; l’un embarque une stabilisation, l’autre un écran souvent allumé, et la consommation réelle dépasse ce que la fiche technique laisse imaginer. Avec une TNP-W126S en secours et une recharge en USB-C calée sur le déjeuner et la pause de l’après-midi, une journée de photo de rue passe en général. L’essentiel n’est pas la puissance de la batterie, mais la possibilité d’insérer la recharge dans les moments où vous vous arrêtez de toute façon. Suivons le déroulé d’une journée : pourquoi ces deux boîtiers consomment, comment placer les fenêtres de recharge, comment répartir deux batteries, et dans quels cas la charge directe est moins pratique qu’un chargeur de bureau.
1. Pourquoi ces deux boîtiers consomment plus que prévu
Le X-S10 est l’un des rares boîtiers Fujifilm de milieu de gamme à intégrer une stabilisation cinq axes. Le module fonctionne en permanence tant que l’appareil est allumé : même lorsque vous cherchez simplement un cadrage, il consomme. Ajoutez une poignée assez profonde pour tenir l’appareil d’une main : beaucoup laissent le boîtier allumé en veille longtemps, ce qui allonge la durée réelle d’utilisation et fait chuter la charge plus vite qu’une estimation au nombre de vues ne le laisse croire.
Le X-E4 pose le problème inverse : boîtier minimaliste, sans poignée, peu de commandes, une ergonomie très dépendante de l’écran et des molettes, donc une part élevée de temps écran allumé. Sa vocation est d’être un boîtier que l’on porte sur soi : on le garde allumé au cou toute la journée, on photographie peu mais on reste en veille longtemps.
Le point commun des deux : dans la consommation, la veille et l’écran pèsent lourd. Autrement dit, « photographier peu » ne rime pas ici avec « économiser » ; c’est la durée d’allumage qui décide de l’autonomie. Emporter une batterie de rechange sert précisément à ne pas multiplier les extinctions pour économiser de l’énergie.
Précision utile : le port USB du boîtier sert surtout au transfert de données et à l’alimentation du boîtier ; n’en faites pas le moyen principal de recharger la batterie, et vérifiez dans la notice du boîtier si la charge pendant la prise de vue est prise en charge. Ce qui permet réellement une recharge autonome, hors boîtier, c’est le port Type-C de la batterie elle-même.
2. Insérer la recharge dans trois fenêtres fixes
L’intérêt de la charge directe n’est pas sa rapidité, mais sa capacité à se glisser dans les temps où vous vous arrêtez de toute façon. Une journée de photo de rue se découpe habituellement en trois moments, qui correspondent à trois fenêtres :
- La veille au départ : chargez les deux batteries. Cette étape n’est pas facultative, car c’est souvent au moment où vous commencez à photographier que vous pensez à la seconde.
- La pause de midi : sortez la batterie utilisée le matin, branchez-la sur une batterie externe et laissez-la dans le sac ou sur la table. Les 30 à 60 minutes du repas permettent en général de récupérer une bonne part de la charge.
- Le thé de l’après-midi ou l’attente d’un bus : si la consommation de l’après-midi est rapide, refaites un passage sur la même fenêtre, ou passez simplement à la seconde batterie en laissant la première continuer à charger.
Des trois, celle de midi est la plus déterminante. Elle décide si votre après-midi se passera « avec une barre restante, à faire attention » ou « à photographier tranquillement ». Beaucoup trouvent qu’une batterie ne suffit pas alors qu’ils n’ont tout simplement pas fait cette recharge de midi.
3. Le tableau de répartition sur une journée
| Créneau | Usage typique | Répartition des batteries | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Matin 8h00-11h30 | 100-150 vues en rue, veille entre deux | Batterie A dans le boîtier | Peu de relecture, luminosité de l’écran baissée d’un cran |
| Midi 12h00-13h00 | Quasiment pas de prises de vue | Batterie A sortie et en charge directe | Sur batterie externe, à l’ombre, pas dans une poche fermée |
| Après-midi 13h00-17h00 | Selon la lumière, souvent plus que le matin | B d’abord, A continue de charger | Alterner les deux pour éviter de les vider ensemble |
| Soir après 17h00 | Belle lumière, images concentrées | A rechargée ou B restante | Éviter d’activer à ce moment des fonctions très gourmandes |
En photo pure, sans vidéo, une batterie tient en général entre 300 et 400 vues ; le chiffre dépend beaucoup de la durée de veille, de la luminosité de l’écran, de l’usage des rafales et de la stabilisation. La vidéo 4K fait nettement baisser ce nombre : pour un programme à dominante vidéo, emportez directement trois batteries.
Si vous parcourez la ville au X100V, la logique est proche de celle du X-E4 ; consultez la liste des modèles compatibles NP-W126S pour confirmer la génération de batterie.
4. Trois cas où le chargeur de bureau reste préférable
La charge directe n’est pas une solution universelle : dans les situations suivantes, un chargeur de bureau supplémentaire simplifie la vie.
- Trois batteries ou plus à recharger en une soirée : la charge directe ne prend qu’une batterie à la fois, et trois accumulateurs en file d’attente repoussent la dernière charge au milieu de la nuit. Le chargeur de bureau fait aussi la queue, mais il peut rester sur la table toute la nuit sans surveillance.
- Départ très tôt le lendemain : la charge directe dépend d’une batterie externe, laquelle doit elle aussi être rechargée : deux appareils en attente, et le calcul des durées devient vite approximatif.
- Besoin de recharger en photographiant : impossible. La charge directe impose de sortir la batterie du boîtier, et pendant ce temps le boîtier est à l’arrêt.
À l’inverse, si votre programme consiste à être dehors le jour et à rentrer à l’hôtel le soir, avec une prise à disposition, la différence entre charge directe et chargeur de bureau devient marginale : prenez le plus léger. Une batterie à charge directe comme la YO est conçue pour la recharge en déplacement, non pour remplacer le rituel de charge fixe à la maison.
Si les limites d’usage par forte chaleur vous intéressent davantage, un autre article sur le comportement des batteries au froid et aux températures extrêmes complète utilement le sujet : les cellules lithium suivent les mêmes règles aux deux extrémités.
Questions fréquentes
Le X-S10 affiche-t-il une alerte avec cette batterie ?
Certains boîtiers affichent un message à la première insertion d’une batterie tierce ; un redémarrage ou un simple acquittement suffit, sans incidence sur la prise de vue. Le comportement peut varier selon la version du firmware : fiez-vous à la réaction réelle de votre boîtier.
Peut-on recharger un téléphone en même temps que la batterie ?
Cela dépend de la puissance de sortie de la batterie externe. La plupart des modèles alimentent plusieurs ports simultanément, mais le partage réduit la puissance disponible et allonge le temps de charge de la batterie. Si vous êtes pressé, ne chargez que la batterie.
Quelle capacité choisir pour la batterie externe ?
Une batterie externe de 10000mAh permet en général deux à trois recharges de cette batterie, en tenant compte de sa capacité annoncée et des pertes de conversion, tout en alimentant aussi un téléphone. Une capacité supérieure signifie du poids en plus : arbitrez selon la durée du déplacement.
Deux batteries suffisent-elles pour une journée ?
Pour une pratique surtout photographique, avec une fenêtre de recharge à midi, deux batteries suffisent généralement. Pour la vidéo, ou une pratique qui laisse le boîtier allumé toute la journée, prévoyez-en trois.