En bref : LP-E6+ n’est pas un modèle Canon. Dans la famille LP-E6, Canon n’a commercialisé que quatre batteries — LP-E6 (1800mAh), LP-E6N (1865mAh), LP-E6NH (2130mAh) et le LP-E6P lancé en 2024 avec l’EOS R5 Mark II. « LP-E6+ » est une dénomination propre à des fabricants tiers (dont YO) pour désigner une « version améliorée » et distinguer le haut de leur propre gamme. Elle décrit une catégorie de packs qui se montent dans un boîtier LP-E6 tout en étant mieux construits qu’un modèle de base — et non une entrée du catalogue Canon.
La nuance n’est pas un jeu de mots. Une fois comprise, elle vous indique à quoi comparer, à quoi vous attendre et quels arguments commerciaux écarter.
Canon ne compte que quatre modèles officiels
Fixons d’abord la filiation officielle : toutes les comparaisons qui suivent en dépendent.
| Modèle officiel | Capacité annoncée | Contexte de lancement | Boîtiers typiques |
|---|---|---|---|
| LP-E6 | 1800mAh / 7.2V | Diffusé autour de 2008 avec le 5D Mark II | 5D Mark II, 7D, 60D |
| LP-E6N | 1865mAh / 7.2V | Mis à jour vers 2014 avec une nouvelle génération de boîtiers | 5D Mark III, 5D Mark IV, 6D, 6D Mark II, 80D, 90D |
| LP-E6NH | 2130mAh / 7.2V | Lancé en 2020 avec les EOS R5 / R6 | R5, R6, R6 Mark II, R7 et tous les boîtiers antérieurs |
| LP-E6P | Classe 2130mAh | Lancé en 2024 avec l’EOS R5 Mark II, orienté décharge continue élevée | R5 Mark II et boîtiers plus récents |
Ce tableau ne contient aucun « LP-E6+ ». Les LP-E6+ que vous voyez sur les places de marché sont, dans leur grande majorité, des modèles propres à des fabricants tiers, construits sur des spécifications de classe LP-E6NH, où le « + » exprime « plus fort que notre modèle de base » plutôt qu’un numéro de génération Canon.
Ce que le signe « + » cherche à dire
Un fabricant tiers a besoin d’une étiquette différenciante à mettre dans un titre d’annonce. Écrire LP-E6NH ferait passer le produit pour une contrefaçon, et une référence inventée n’attire aucune recherche : « LP-E6+ » devient donc un compromis qui conserve le mot-clé principal tout en suggérant l’idée d’amélioration.
Quelques usages courants :
- Capacité renforcée : une valeur annoncée de 2200mAh ou plus, plus flatteuse que les 2130mAh de Canon.
- Décharge renforcée : la promesse d’un courant continu plus élevé, visant les usages du LP-E6P.
- Fonctions renforcées : port de charge directe USB-C, témoin de charge, entrée Type-C.
- Argument purement commercial : un nouveau boîtier et un nouvel emballage sur les mêmes cellules que le modèle de base.
Sur ces quatre catégories, les trois premières ont un contenu réel ; la quatrième ne se démasque qu’à l’examen des spécifications et au démontage. Devant un « + », la première question à poser est donc « amélioré sur quoi », et non « meilleur que Canon ».
Où les versions améliorées tierces ajoutent réellement quelque chose
La capacité : possible, mais bornée
Le boîtier du LP-E6 a une taille fixe et le gain de densité d’énergie des cellules reste limité. Des produits annoncés à 2200-2400mAh existent réellement, mais il faut tenir compte de l’écart entre valeur annoncée et valeur mesurée. Plus l’annonce est haute, plus il importe de vérifier si les conditions d’essai sont précisées.
Le port de charge : la vraie différenciation des tiers
Ni le LP-E6NH ni le LP-E6P de Canon ne possèdent de port de charge directe USB-C. Certaines versions améliorées tierces ajoutent un port Type-C sur le flanc, ce qui permet de recharger sur une batterie externe. Pour les reportages lointains et les voyages, le confort est concret, et c’est l’apport le plus précieux du « + ».
La décharge : à condition que le boîtier suive
Une décharge renforcée n’a guère de sens sur un boîtier ancien, dont le circuit d’alimentation limite déjà le courant instantané. Ce sont les boîtiers récents comme l’EOS R5 Mark II qui ont réellement besoin d’une forte décharge, et ces mêmes boîtiers sont plus stricts sur la reconnaissance de la batterie. Les performances des packs tiers y sont inégales : la publicité ne suffit pas.
La puce d’identification : le point le plus négligé
L’affichage d’un pourcentage et l’absence du message « communication impossible » dépendent de la puce d’identification. Aucun standard commun n’existe, et deux lots d’une même marque peuvent différer.
Trois questions à régler avant l’achat
- À quelle spécification officielle correspond-il ? Est-il construit sur une base LP-E6N ou LP-E6NH ? C’est ce qui détermine à quoi comparer son prix.
- Mon boîtier figure-t-il sur sa liste de compatibilité, et pour la bonne année ? Les boîtiers anciens comme le 5D Mark II et le 60D présentent une probabilité plus élevée de problèmes de reconnaissance.
- A-t-il un port de charge, et à quelle puissance ? Si vous l’achetez précisément pour vous affranchir du socle, vérifiez ce point, sans quoi vous vous retrouverez avec un pack qui en dépend encore.
Pour le comportement réel des trois générations officielles polyvalentes, voyez la page de la catégorie LP-E6NH ; si votre boîtier est un modèle à forte décharge comme le R5 Mark II, allez directement à la catégorie LP-E6P plutôt que de chercher la réponse parmi les versions améliorées tierces.
Questions fréquentes
LP-E6+ est-il un nouveau modèle Canon ?
Non. La famille LP-E6 officielle de Canon ne compte que LP-E6, LP-E6N, LP-E6NH et LP-E6P. LP-E6+ est une dénomination de fabricants tiers, sans standard commun entre marques : ces packs ne peuvent pas être considérés comme équivalents.
Un LP-E6+ se monte-t-il dans tous les boîtiers Canon LP-E6 ?
Physiquement, généralement oui, puisqu’il reprend le boîtier et les contacts de la série LP-E6. En revanche, la reconnaissance correcte et l’exactitude de la jauge dépendent de la puce du produit et du firmware de votre boîtier : vérifiez la liste des modèles compatibles avant d’acheter.
Une capacité annoncée supérieure à celle de l’origine signifie-t-elle une meilleure endurance ?
Pas nécessairement. Une valeur annoncée est une valeur de laboratoire dans des conditions idéales ; l’autonomie réelle dépend aussi de la courbe de décharge, de la résistance interne et de la température. Une batterie à forte capacité mais à résistance élevée peut au contraire chuter plus tôt sous forte charge.
Pourquoi certains LP-E6+ ont-ils un port USB-C alors que Canon n’en propose pas ?
Parce que cette génération de packs LP-E6 n’a jamais été conçue avec un port de charge directe : les fabricants tiers ajoutent un module de charge sur le boîtier. Il s’agit d’un choix de conception délibéré de leur part, non d’un oubli de Canon.